Les Journées du patrimoine 2018 ont été placées sous la thématique de « L’Art du Partage ».
L’association a choisi de proposer le partage des jardins et des lectures.
Un circuit a été organisé au travers des jardins d’habitants de Coulonges qui ont bien voulu accueillir le groupe de visite. Dans chaque jardin des lectures de fables de La Fontaine, originales ou revisitées, ont été faites.
Dans le jardin de Jean Luc GRANSON, nous avons pu admirer de magnifiques bananiers ainsi qu’un très bel olivier. Puis, sur la Place Terrière, assis sur La Fontaine (!), nous avons commencé nos lectures par l’original et deux versions retravaillées d’une des plus célèbres fables, celle du Corbeau et du Renard.
Chez Reine CREPIN, sous le pommier, ce sont deux versions de La Tortue et les deux Canards qui ont été récitées. Puis dans le jardin voisin de Vincent CONRAD, assis autour de la Place de La Fontaine, en présence de Barnabé, l’épouvantail mascotte du jardin, ce sont deux versions de La Cigale et la Fourmi, dont la version de Pierre PECHIN, « La cégal et la Formi », version orientale et humoristique a été lue en hommage à cet artiste qui s’est éteint en janvier de cette année.
Dans la descente de la rue du Poinçon, un premier arrêt chez Fabrice MUTTE et son potager bio orienté vers la permaculture a permis d’admirer de très beaux légumes. La Grenouille et le Boeuf ont été lus, en version originale et retravaillée. Après une halte désaltérante dans le jardin de Christian CAMUS, nous avons été accueillis chez Claude HORRELOU.
Son très beau jardin est traversé par l’Orillon et non loin du petit pont qui l’enjambe, nous avons conté l’histoire de la Laitière et de son pot au lait. La version de Pierre PERRET, Perrette et le pot au lait a également été bien appréciée.
La balade a fait un crochet par l’église de Coulonges, ouverte pour l’occasion.
Quelle fable pouvait s’adapter à la proximité de cet édifice religieux ? Le recueil des fables de Jean de La Fontaine n’apporta pas de réponse. C’est ainsi qu’Annette et Vincent ont fait appel à leur imagination pour réaliser une création mondiale sur l’esplanade de l’église de Coulonges, la première de deux versions nouvelles des Fables : La Grenouille de bénitier et La Grenouille et le Bénitier, que nous partageons avec vous en pages suivantes.
La promenade s’est terminée dans le jardin de Colette, entretenu avec beaucoup de soins et d’où la vue sur l’église est très belle.
Un troc de plantes et un concours de photos de fleurs ont également été organisés par L’association La Pépigeoise. Après le verre de l’amitié, les bénévoles se sont retrouvés à l’auberge de la roue fleurie pour un bon dîner.
Voici deux fables inédites et inventées pour l’occasion !
La grenouille de bénitier – Annette CREPIN
Dame grenouille, bien mal lui pris, un matin de printemps,
De pondre dans la première flaque de la dernière pluie
Naquis un peu plus tard une bande de tétards
Qui en grandissant se développèrent,
Les uns des pattes arrière,
Pour courir le ballon ou la grenouillette,
Les autres des pattes avant,
Aptes à bricoler et lever le verre,
Une fillette ayant capturé un spécimen,
En allant à la messe le déposa dans le bénitier
Trop petit pour sauter, il élu domicile
Dans la pierre creuse de l’église
Et devin grenouille de bénitier.
Le destin est bien farceur,
Dans la vie on peut mal tourner,
Ainsi issu d’une bande de têtards,
On peut devenir grenouille de bénitier.
Moralité : Pour le têtard l’avenir est batracées…
La grenouille et le bénitier – Vincent CONRAD
Une grenouille un peu commère
Dans la chaleur de l’été
Ne savait pas trop quoi faire
Elle aurait bien voulu trouver
Une oreille attentive pour bavarder
Echanger rumeurs et commérages
Sur les gens de son village
Deux lézards polissons
Qui se promenaient dans les environs
Lui dirent « va donc à l’église
Tu pourras y causer à ta guise.
Il y a là-bas un bénitier
Ce sacré coquillage
Est un expert en commérages »
D’un pas rapide et assuré
Dame grenouille s’approcha du monument
Ravie de rencontrer ce bénitier
Et passer avec lui de bons moments
D’un bond élégant elle sauta sur lui
Croassant de plaisir de le trouver ici
Mais l’animal resta muet et immobile
Plein d’eau bénite il avait l’air si fragile
Croassant de plus belle dans l’édifice silencieux
La grenouille s’étonnait du calme de son compère
Alors qu’elle observait cet animal mystérieux
Elle fut jetée dehors d’un coup de pied au derrière
Moralité : Si tu vas à l’église pour bavarder, tu auras affaire à Monsieur le Curé.











